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Horace-Bénédict de Saussure en politique

1770. Membre éminent d'une famille patricienne, Horace-Bénédict de Saussure est invité par ses pairs à prendre place au Conseil des Deux-Cents (ou Grand Conseil). Ses intérêts le portent alors ailleurs qu'aux joutes politiques. Il a trente ans et il décline cette invitation. Il y entrera pourtant plus tard.

1776. Curieux de tout, fortement attaché à sa cité et soucieux du bien-être de celle-ci, il forme un projet de réforme politique destiné à assurer à Genève <<une paix solide et durable>>: n'est-il pas convaincu que les institutions politiques présentent des <<vices réels>>? Il le croit et il ose, lui, un patricien, le dire.

1782. Avril. Une nouvelle insurrection populaire éclate à Genève. A son annonce, Horace-Bénédict de Saussure se rend à l'Hôtel-de-Ville où il est arrêté et fait prisonnier avec d'autres patriciens qui s'y sont trouvés réunis. Emprisonné, il sera rapidement relâché alors que ses concitoyens seront maintenus en otages plusieurs jours durant.

En père inquiet pour ses enfants, il fait quitter la ville à sa fille et à ses deux garçons, déguisés en paysans.

1782. Juin. Le gouvernement a de nouveau fait appel à l'extérieur pour obtenir de l'aide afin de réduire l'insurrection.

A l'annonce de l'approche des troupes françaises, les Genevois insurgés décident de s'emparer des armes des patriciens. Lorsqu'ils se présentent chez Horace-Bénédict de Saussure, celui-ci refuse de répondre à leur sommation et se barricade chez lui: il subit un véritable siège...

1788-1789. L'hiver est rude. Le prix du pain monte. L'émeute gronde. Cette fois, le gouvernement lâche du lest: inquiet, il supprime l'application des mesures les plus répressives du Code Noir par un nouvel édit, accueilli dans l'allégresse populaire.

Horace-Bénédict de Saussure a été l'une des rares personnes qui n'a pas approuvé ce nouvel édit: homme de raison et non de passion, il ne l'a pas trouvé satisfaisant. D'ailleurs, il ne va pas tarder à en demander la révision.

1790. En Conseil des Deux-Cents, Horace-Bénédict de Saussure fait une proposition qui froisse ses pairs: il demande que l'on revise la constitution dans un sens plus <<agréable à la majorité>>.

M. le Prof. de Saussure a proposé que l'on nommât une commission nombreuse du Conseil et du Deux-Cents qui travaillât avec maturité sur les changements qu'il y auroit à faire à l'Edit de 1789 en s'aidant des avis de tous les citoyens qui voudroient en donner, en sorte qu'au 1er May son ouvrage pût aller au Conseil Général; que vu les nouvelles idées acquises par la Révolution en France et la fermentation politique qui en résulte, il est impossible de n'y pas avoir égard; qu'il nous faut enfin une constitution bien pesée et agréable à la généralité. Cette proposition a fait de la peine au Conseil, surtout vu son auteur, mais elle a été appuyée par plus de la moitié du Deux-Cents /...

Un mémorialiste contemporain,

Dunant.

Extrait du <Journal> de Dunant, cité par Henry Fazy, in Genève de 1788 à 1792, p.139-140.

1792. Décembre. La révolution éclate à Genève. Le gouvernement est renversé, l'égalité politique de toutes les catégories de la population est proclamée. L'établissement d'une Assemblée constituante est décidé.

1793. Horace-Bénédict de Saussure fait partie d'une commission réduite qui a pour tâche d'élaborer le projet de la nouvelle constitution. Modéré et modérateur, il jouit de la confiance des uns et des autres.

Sa préoccupation majeure est de maintenir l'unité de la Cité afin de préserver la paix.

Dans les débats de l'Assemblée constituante, il exerce une forte influence.

1794. Février. La nouvelle constitution est acceptée par le peuple. Horace-Bénédict de Saussure décline l'invitation qui lui est faite de se porter à la syndicature.

Mars. Horace-Bénédict de Saussure est fortement atteint dans sa santé (hémorragie cérébrale?).

Eté. La terreur est instituée en régime politique: perquisitions, arrestations, spoliations et jugements. La maison de Horace-Bénédict de Saussure, pourtant, est respectée. Mais sept malheureux, condamnés à mort, sont exécutés sur la Plaine de Plainpalais.

Dès lors, écoeuré et malade, Horace-Bénédict de Saussure ne prend plus aucune part à la vie politique de sa cité.

1799. Le 22 janvier, au matin, Horace-Bénédict de Saussure meurt. Il est enterré avec solennité au cimetière de Plainpalais.



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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