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Discours préliminaire

Tous les hommes qui ont considéré avec attention les matériaux dont est construite la Terre que nous habitons, ont été forcés de reconnoître que ce Globe a essuyé de grandes révolutions, qui n'ont pu s'accomplir que dans une longue suite de siècles. On a même trouvé dans les traditions des anciens Peuples, des vestiges de quelques-unes de ces révolutions. Les Philosophes de l'antiquité exercèrent leur génie à tracer l'ordre et les causes de ces vicissitudes; mais plus empressés de deviner la Nature, que patients à l'étudier, ils s'appuyèrent sur des observations imparfaites et sur des traditions défigurées par la Poésie et par la superstition; et ils forgèrent des Cosmogonies; ou des Systèmes sur l'origine du monde, plus faits pour plaire à l'imagination, que pour satisfaire l'esprit par une fidèle interprétation de la Nature.

Il s'est écoulé bien du temps avant qu'on ait su reconnoître que cette branche de l'Histoire Naturelle, de même que toutes les autres, ne doit être cultivée que par le secours de l'observation; et que les systèmes ne doivent jamais être que des résultats ou les conséquences des faits.

La science qui rassemble les faits, qui seuls peuvent servir de base à la Théorie de la Terre ou à la Géologie, c'est la Géographie physique, ou la description de notre Globe; de ses divisions naturelles; de la nature, de la structure et de la situation de ses différentes parties; des corps qui se montrent à sa surface, et de ceux qu'il renferme dans toutes les profondeurs où nos foibles moyens nous ont permis de pénétrer.

Mais c'est surtout l'étude des Montagnes, qui peut accélérer les progrès de la Théorie de ce Globe. Les plaines sont uniformes, on ne peut y voir la coupe des terre et leurs différents lits, qu'à la faveur des excavations qui sont l'ouvrage des eaux ou des hommes: or ces moyens sont très insuffisants, parce que ces excavations sont peut fréquentes, peu étendues, et que les plus profondes descendent à peine à deux ou trois cents toises. Les hautes montagnes au contraire, infiniment variées dans leur matière et dans leur forme, présentent au grand jour des coupes naturelles, d'une très grande étendue, où l'on observe avec la plus grande clarté, et où l'on embrasse d'un coup-d'oeil, l'ordre, la situation, la direction, l'épaisseur et même la nature des assises dont elles sont composées, et des fissures qui les traversent.

HBS006

Manuscrit du discours préliminaire

HBS004

Imprimé du discours préliminaire



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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