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Propositions d'Horace-Bénédict de Saussure

Horace-Bénédict de Saussure fait une proposition en CC le 4 janvier 1790:

M. et T.H.S. je crois que la seule chose qui puisse conserver je ne dis pas le gouvernement actuel, mais je dis l'existence même et l'indépendance de la République, c'est l'union et l'harmonie constante des différents ordres de l'Etat. C'est donc à entretenir cette union, cette harmonie que doivent tendre les efforts de tous les bons citoyens, quelle que puisse être d'ailleurs leur façon de penser. Or cette union, cette harmonie ne peuvent s'entretenir, si elle existe, ou se former, si elle n'existe pas encore, que par une fréquentation habituelle et journalière des uns avec les autres. C'est le seul moyen de s'apprécier mutuellement, de détruire des préventions funestes et d'encourager ces liaisons d'amitié et d'estime qui repousseront les calomnies et qui font excuser les imperfections et les fautes involontaires. Or je trouve que nous n'avons encore aucun point de réunion où le Magistrat peut avoir fréquemment et familièrement ses concitoyens et où ceux-ci puissent apprendre à leur tour à connaître leurs magistrats.

/..de Saussure propose donc la création d'un Cercle <<qui faciliterait la communication et la liaison des divers ordres de l'Etat>>, c'est-à-dire des divers groupes de la population/.

BPU, Ms de Saussure 67/15

Horace-Bénédict de Saussure fait un projet de proposition à faire au (...1789):

/en fait, il s'agit de l'année 1790 --distraction de qui vient de quitter 1789!/

M(essieurs) et T(rès) H(auts) S(eigneurs). La proposition que je fis ici il y a un mois pour l'établissement d'un Cercle nombreux qui facilitât la communication et la liaison des divers ordres de l'Etat fut accueillie avec beaucoup de bonté par la plupart de celles de V(os) S(eigneuries) qui opinèrent après moi. Cependant, j'ai su que bien des gens trouvèrent que cet établissement ou tout autre de ce genre, quoique bon en lui-même, ne pouvait point être considéré comme un remède aux maux qui nous travaillent et à ceux qui nous menacent.

Les informations que j'ai prises dès lors ont confirmé cette vérité. On assure que l'on désire des changements dans l'Edit de 1789, et dans les parties de celui de 1782 auxquelles il n'a pas été dérogé, et que ce désir anime, si ce n'est pas la généralité des Citoyens, Bourgeois et Natifs, du moins plusieurs de ceux d'entre eux dont la volonté, ferme et toujours active, devient finalement et nécessairement la volonté générale.

Or, M.S., il est absolument impossible que nous résistions à la volonté générale. Il suit de là, suivant moi, que le meilleur parti à prendre serait de prévenir par une offre généreuse et volontaire le développement impérieux et tumultueux de cette volonté. En effet, les esprits s'échauffent, les préventions augmentent, les chefs d'Etat se croient obligés à résister et cette résistance produit une explosion, à la suite de laquelle on se hâte de forger précipitamment des lois qui portent l'impression du trouble qui leur a donné existence et qui laissent toujours des raisons ou des prétextes pour des mécontentements furieux.

C'est ainsi que l'on dit et que l'on imprime que l'Edit de 1789 ne saurait être regardé comme le résultat d'un voeu général et réfléchi de la généralité des Genevois; que le désir de secouer promptement le joug sous lequel on gémissait, et la crainte d'une intervention étrangère ont contraint les Citoyens ennemis de l'aristocratie à adopter une forme de gouvernement qu'ils n'auraient point accepté s'ils avaient été parfaitement dégagés de toute espèce de crainte. C'est donc pour prévenir de pareils reproches que je souhaiterais que l'on saisit un moment qui, s'il n'est pas calme n'a du moins aucun caractère extérieur d'un orage, pour faire à l'Edit de 1789 et en général à nos lois politiques les changements qui pourraient les rendre agréables sinon à tous du moins à la très grande pluralité de la Nation. Je dis de la Nation parce que si l'on veut éviter des mécontentements ou des troubles furieux, il faut aussi satisfaire les Natifs, non pas en les admettant tous à la fois à la Bourgeoisie mais en déterminant des élections périodiques assez nombreuses pour que tous ceux qui méritent l'accès de la Bourgeoisie ayant l'espérance légitime de n'en être pas exclu.

En conséquence, je propose que le M(agnifique) P(etit) C(onseil) nomme incessamment une Commission de son Corps qui soit chargée de recevoir toutes les propositions des C(itoyens), B(ourgeois) ou N(atifs) tendant à rendre le Gouvernement politique de la R(épublique) agréable à la pluralité de nos compatriotes.

/........ plusieurs feuillets suivent ..../

BPU, Ms de Saussure 67

Brouillon1

Proposition manuscrite d'Horace-Bénédict de Saussure

Brouillon2s

Manuscrit d'Horace-Bénédict de Saussure



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
Messages à: Jean-Bernard Roux