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A l'époque des dernières théories de la Terre

Les savants genevois ont participé activement à l'élaboration des dernières théories globales de la Terre, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles. Vers 1790, la géologie est dominée par une idée déjà ancienne. celle d'un océan universel en diminution, au fond duquel toutes les formations géologiques, y compris le granite, se seraient précipitées chimiquement. Cette théorie, dite neptunienne ou du dépôt par l'eau, fut élaborée par Abraham Gottlob Werner (1749-1817), de Freiberg, en Saxe. Elle a été propagée à partir de 1775 par ses nombreux et enthousiastes élèves, mais Werner ne l'a écrite en forme définitive qu'en 1787.

La théorie neptunienne de Werner est un système rigide et statique, qui a pour défaut principal de ne pouvoir expliquer la formation des chaînes de montagnes. L'impossibilité de l'appliquer en dehors de la Saxe sera d'ailleurs graduellement démontrée par les propres élèves de Werner, et le système finira par tomber en désuétude.

Mais en géologie, science par essence historique, les révolutions scientifiques radicales n'existent pas, et la disparition du paradigme neptunien n'interviendra qu'au terme d'une longue querelle avec la théorie plutonienne, ou théorie du feu.

Ce nouveau concept, dynamique, a été développé en 1785 par le géologue écossais James Hutton (1726-1797) dans un ouvrage intitulé Théorie de la Terre. Cet ouvrage sortira en forme finale en 1795, mais c'est surtout l'édition posthume de 1802 qui sera connue. La théorie plutonienne explique le soulèvement et les plissements des montagnes par des injections cycliques dans les formations sédimentaire, de granit liquéfié par la chaleur interne du globe, et monté des profondeurs de la croûte terrestre. Le concept de Hutton deviendra la base de la géologie moderne.





Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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