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Savants de l'ère radicale

Ce titre ne devrait pas faire croire que les scientifiques de la seconde moitié du XIXe siècle étaient tous des radicaux, pas plus que les précédents n'étaient obligatoirement des conservateurs acharnés. Contrairement à leurs aînés, ils ont pu bénéficier de la mise en place de l'Université, ce qui était propice à une relative démocratisation des carrières, ainsi qu'à une spécialisation plus poussée. Parmi ceux qui ont laissé leur nom a une rue de Genève, toutes les disciplines ou à peu près se trouvent représentées.

La biologie fut brillamment illustrée par Hermann Fol (1845-1892), qui réussit à observer et à décrire, chez l'oursin, les mécanismes de la fécondation que Jean-Louis Prevost avait déjà pressentis. Il fit également oeuvre de pionnier en hygiène et en bactériologie, avant de disparaître prématurément au cours d'une expédition en mer.

Dans les domaines voisins s'illustra Emile Yung (1854-1918), zoologiste qui pratiqua aussi bien l'anatomie que la physiologie (travaux sur les mécanismes de la digestion et sur la physiologie de l'escargot). Il étudia également le plancton du Lac Léman. Pour ce faire il a fondé en 1909 une petite station de zoologie lacustre, qu'il réussit à doter d'un bateau à moteur grâce à une souscription publique.

La poursuite des traditions de la géographie botanique et de la botanique systématique fut notamment assurée par Pierre-Edmond Boissier (1810-1885), spécialiste des flores d'Espagne et du Moyen-Orient (et dont le buste trône aux Bastions). Son herbier est devenu quasi légendaire grâce aux bons soins de son gendre William Barbey (1842-1914), qui a entretenu à Chambésy un conservatoire botanique privé, doté de son propre Bulletin.

Edouard Sarasin (1843-1917) et Alexandre Le Royer (1860-1922) resteront connus pour avoir exploré un même domaine de la physique. celui des ondes hertziennes et de la TSF. Les expériences de transmission sans fil tentées par Le Royer entre le Collège et l'Université ne seront pas couronnées de succès. Mais l'un de ses principes, celui de l'utilisation de tubes à limailles pour la détection des ondes sonores, sera repris par Marconi. Le génial inventeur de la TSF reprendra aussi l'idée de Sarasin et L. De la Rive de faire passer le signal émetteur à travers un diélectrique liquide (huile ou éther), afin d'en augmenter la puissance et la régularité.

S'il est deux disciplines qui paraissent éloignées l'un de l'autre, ce sont bien la botanique et la physique. Marc Thury (1822-1905) s'efforça cependant de les pratiquer de concert. Sa curiosité phénoménale l'a même poussé à étudier scientifiquement le phénomène des tables tournantes! Il a aussi été l'un des fondateurs de la SIP, Société genevoise des Instruments de Physique. Un de ses successeurs à la tête de cet établissement fut Théodore Turrettini (1845-1916), brillant ingénieur qui devait être à l'origine de l'usine hydro-électrique de la Coulouvrenière, puis de l'usine de Chèvres.

L'un des représentants les plus en vue de la cohorte des médecins et physiologistes genevois a été Jacques-Louis Reverdin (1842-1929), pionnier de la greffe épidermique et de l'étude du myxoedème consécutif à l'opération de la thyroïde. Ce cas était assez fréquent sous nos latitudes.

Cette cohorte de grands médecins locaux comprend aussi Auguste Reverdin (1848-1908), frère de Jacques, inventeur d'une aiguille chirurgicale, et le zoologiste Edouard Claparède (1832-1871). Elle fut encore renforcée par le physiologiste Moritz Schiff (1823-1896), d'origine allemande. Enfin, les études de Théodore Flournoy (1854-1920) sur le subconscient illustrent une tradition genevoise d'étude psychologiques qui va de Charles Bonnet à Jean Piaget. Ce dernier était aussi, soit dit en passant, membre de la SPHN, mais en tant que zoologiste et botaniste!



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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