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La génération de la Restauration

Le chemin Jean-Louis Prevost (1790-1850), au Petit-Saconnex, vient rappeler la mémoire d'un des plus grands biologistes que Genève ait connu. C'est lui en effet qui a établi le rôle exact des spermatozoïdes dans la fécondation. C'est lui aussi qui a découvert, et démontré par des expériences d'ablation effectuées sur des chiens, des chats et des lapins, le rôle des reins dans la purification du sang. Il est aussi l'un des fondateur de l'embryologie expérimentale, et l'un des premiers à avoir étudié la possibilité de transfusions sanguines. Il a enfin porté son attention sur les fibres musculaires et sur la digestion.

L'un de ses cousins éloignés, Jean-Louis Prevost jr (1838-1927), petit-fils de Pierre Prevost, fut un neurologue et un physiologiste réputé, qui étudia entre autres les symptômes de la poliomyélite et ceux de l'hémiplégie (<<signe de Prevost>>).

Jean-Daniel Colladon (1802-1893), qui a sa rue près de l'Athénée et son buste à la promenade des Bastions, est surtout connu pour ses mesures de la vitesse du son dans l'eau, effectuées dans le lac Léman. Ces mesures faisaient partie de travaux sur la compression des liquides couronnés par l'Académie des sciences de Paris en 1827. Assistant d'Ampère en électricité et de Fourier en thermodynamique il s'est aussi occupé de la réalisation de bateaux à vapeur, d'installation de l'éclairage au gaz et de mise au point de perforatrice à air comprimé, avec lesquelles fut percé le tunnel du Saint-Gothard- Il imagina aussi le principe des fontaines lumineuses, qui eurent tant de succès à l'Exposition universelle de Londres en 1885.

Son ami et collaborateur Charles-François Sturm (1803-1855), qui a donné son nom à une rue et à une place au Tranchées, s'orienta pour sa part vers les mathématiques. Il finit par s'installer à Paris, où les possibilités de carrière étaient bien meilleures, et où il put bénéficier de l'appui d'Ampère et d'Arago. Grand prix de l'Académie des Sciences de Paris pour ses travaux sur les équations différentielles, son nom reste associé à un théorème qui permet de trouver, pour une équation algébrique, le nombre de racines réelles comprises entre deux valeurs données à l'avance.

Deux chimistes de la même époque ont laissé leur nom à des rues de Genève. L'un, Charles Galissard de Marignac (1817-1894) est un grand chercheur qui a découvert l'ytterbium (1878) et le gadolinum (1880). Mais il a surtout consacré sa vie à la détermination exacte des masses atomiques des éléments, un travail capital qui suppose une persévérance peu commune. L'autre chimiste, Philippe Plantamour (1816-1898), est un savant d'une renommée plus locale. Son frère Emile (1815-1882), élève d'Arago, a dirigé l'Observatoire de Genève de 1839 à sa mort.

Pour mémoire, on rappellera l'avenue Frédéric Soret (1795-1865), cristallographe et compagnon de Goethe à Weimar, l'avenue Paul Chaix (1808-1901), géographe, à Chêne- Bougeries, et le chemin Jean-François Bizot, médecin (1804-1885).



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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